écrire une histoire
09/04/2012

Dans le tome 1 de 1Q84, Haruki Murakami met en scène un jeune écrivain chargé de réécrire un manuscrit promis à un grand avenir… Les pages consacrées à la tâche de Tengo, l’écrivain-réviseur, feront vibrer tous ceux qui, à un moment ou à un autre, se trouvent confrontés au travail de relire et corriger leur propre prose.

Réviser un texte — le sien ou celui d’un·e autre — est une perspective particulièrement délicate lorsqu’on s’y colle pour la première fois. Comment s’y prendre ? Par où commencer ? Jusqu’où aller ? La facilité apparente avec laquelle le héros de Murakami réécrit le manuscrit d’une inconnue a de quoi donner des complexes à qui ne s’est encore jamais frotté à la révision, comme l’appelait cet autre géant de la littérature, Raymond Carver. « J’ajoute des explications aux passages difficiles à comprendre à la première lecture, » explique le personnage de Murakami, « je m’arrange pour que les phrases coulent mieux. Je coupe les endroits inutiles et les répétitions, je comble les lacunes. De loin en loin, j’introduis des changements dans l’ordre des phrases et des paragraphes… » Préciser les passages obscurs, donner de la fluidité, savoir couper et donc choisir, vérifier la structure, équilibrer les paragraphes… Ces pages esquissent un mode d’emploi dont les apprentis écrivains feront leur profit. Tout un programme ? Non : un passage obligé, maillon indispensable de la chaîne qui conduit — qui conduira peut-être — au livre. Faut-il préciser que le roman de Murakami a encore plein d’autres raisons d’être lu ?!

 

 

 

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