machine à écrire
28/05/2014

Votre manuscrit est au point mort ? Vous n’arrivez plus à vous y mettre, vous procrastinez ? La seule idée de vous relire vous donne la nausée ? Quelques conseils pour vous aider à faire repartir la machine au lieu de ruminer…

Je manque de temps…

Au hit-parade des “bonnes raisons” de procrastiner, le manque de temps est roi ! C’est pourtant vrai, ça, les journées sont trop courtes… Alors, écrire ! Ce sera pour demain. Eh bien, non ! Parce qu’il n’y a aucune raison pour que ça change (sauf circonstances exceptionnelles : maladie, par exemple). Demain vous n’aurez pas plus de temps. Mieux vaudrait vous demander si cette histoire, vous voulez vraiment l’écrire. Quelles sont vos priorités ? Pourquoi passez-vous tant de temps à faire du lèche-vitrines, à surfer sur Facebook ou à regarder la télé ? Gertrude Stein conseillait d’écrire au minimum 20 minutes par jour : ça paraît peu, mais faites le compte au bout de 365 jours… D’autant plus qu’ainsi, vous aurez pris l’habitude d’écrire régulièrement :  c’est le meilleur moyen de prendre confiance et d’éviter les blocages d’écriture.

Je ne suis pas assez bon…

Si vous avez juré de devenir Carver (ou Duras, ou Hemingway) sinon rien… on comprend votre problème. Fixez-vous des objectifs réalistes : évitez de vous comparez à un monument ! Terminez d’abord le premier jet de votre manuscrit, il sera toujours temps de vous relire et de faire le point sur ce qui cloche (le style, la construction, les personnages, les dialogues…). N’espérez pas boucler un premier roman en trois mois si vous n’écrivez qu’une heure par jour. Travaillez vos points faibles et dites-vous bien que tout le monde peut progresser. Pour cela, lisez : des romans, bons ou mauvais (on apprend aussi en lisant de mauvais romans qui vous montrent ce qu’il ne faut pas faire) ; des articles et des témoignages d’écrivains sur leur pratique ; des manuels techniques, etc. Rappelez-vous qu’un premier jet n’est jamais parfait : c’est un brouillon, ni plus ni moins. Donnez-vous du temps ! Et n’écoutez pas la petite voix qui vous susurre : « Tu n’es pas assez ceci… tu es trop cela… »

Je suis trop fatigué pour écrire…

Peut-être n’avez-vous pas encore repéré quelles sont les heures de la journée qui, pour vous, sont les plus favorables à l’écriture : tôt le matin ? A l’heure du déjeuner, quand tout le monde fait la pause ? Ou encore pendant la sieste du bébé si vous restez à la maison ?

Il y a aussi des moments dans la vie où toute votre énergie est absorbée par autre chose que l’écriture et vous ne pouvez rien y faire : vous accumulez les rhumes et vous êtes lessivé, votre ado va passer son bac et réclame toute votre attention, vous changez de travail et votre nouvel emploi du temps va perturber votre rythme d’écriture… Vous savez que cela ne durera pas, mais en attendant l’idée de ne plus écrire une ligne vous désespère. Pour éviter ça, mettez-vous en mode « veille ». Même si vous n’avez pas la possibilité d’écrire régulièrement, ayez toujours sur vous un carnet où vous pourrez noter tout ce qui vous vient concernant votre projet : un bout de scène, un dialogue, un croquis de personnage… Rentabilisez les trajets en métro ou les embouteillages si vous êtes en voiture, mettez à profit une insomnie ou l’attente chez le dentiste ! Ecrivez ce qui vient, vous ferez le tri plus tard, quand vous serez plus disponible. Ainsi, vous culpabiliserez moins parce que votre projet n’avance pas. Enfin, de temps à autre, bousculez vos habitudes et, même si ce n’est pas « le bon moment », écrivez quand même ! Il n’y a rien de tel que de secouer sa routine.

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4 Commentaires

  1. gilles

    “Auteur en panne” serait plus juste que “Mon roman est en panne” qui pourrait laisser penser que cet encalminage trouve sa source dans ce roman (qui est le sujet du verbe être dans ce titre). Alors que c’est l’auteur qui est en panne, comme tu le soulignes dans ton billet.

    Réponse
    • alicetlesmots

      Je pense qu’il est envisageable de dire que le roman est en panne parce que l’auteur l’est aussi !… Pour ma part, je pense qu’il y a une telle porosité entre l’auteur et ce qu’il écrit, au moment où il écrit, que les deux sont étroitement liés.

    • gibi

      Certes certes….. William Boyd dit que l’idée que les personnages commandent est une idée romantique. Il dit qu’il est leur maître. Je dirais bien que c’est pareil pour le roman. Qui c’est qui commande, hein !

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